« Les petits gestes font les grands changements » : quand la recherche se met au vert
Consommation d’énergie décuplée, montagnes de plastiques à usage unique, équipements énergivores… La recherche scientifique a un coût environnemental souvent méconnu. Au laboratoire B3OA (Biologie, Bioingénierie et Bioimagerie Ostéo-Articulaires ), une prise de conscience collective a conduit à l’obtention de la certification My Green Lab® au niveau Or. Rencontre avec Manon Maroquenne, ingénieure d’études, à l’initiative de cette démarche écoresponsable.
La démarche My Green Lab® a d’abord été impulsée par le directeur du laboratoire, Hervé Petite, soucieux de réduire l’empreinte environnementale des activités de recherche. Manon Maroquenne a rapidement pris le relais pour structurer et concrétiser le projet au quotidien. Sensible à ces enjeux, elle s’est investie dans la mise en œuvre des actions et dans la coordination avec les équipes. Elle a contribué à traduire cette volonté en mesures pratiques, adaptées aux contraintes du laboratoire. L’initiative est ainsi devenue une dynamique collective portée par l’ensemble de l’équipe.
Pourquoi un Green Lab ?
Le programme Green Lab My Green Lab® est une organisation à but non lucratif qui accompagne les laboratoires dans la réduction de leur empreinte écologique. Un enjeu majeur, quand on sait que les laboratoires consomment jusqu’à 10 fois plus d’énergie et 4 fois plus d’eau qu’une entreprise classique, et génèrent 5,4 milliards de kilos de plastique par an dans le monde. « Il ne faut pas se leurrer : l’activité de recherche, ce n’est pas quelque chose de très écologique » raconte Manon. Entre tubes, pipettes, gants, congélateurs à -80°C, autoclaves et hottes, la consommation d’énergie et de consommables est omniprésente. Le Green Lab My Green Lab® apporte alors des solutions concrètes, validées par un organisme indépendant, Impact Laboratories, garantissant ainsi la crédibilité de la démarche vers des pratiques plus responsables.
Des gestes simples, avec des impacts réels
Contrairement aux idées reçues, rendre un laboratoire plus écoresponsable ne signifie pas bouleverser les pratiques scientifiques. Il s’agit avant tout de bon sens et d’optimisation.
« Ce sont des petits gestes qui ne perturbent pas notre travail au quotidien. Ce n’est pas plus compliqué que de trier ses déchets à la maison » confirme Manon. La certification du laboratoire est donc valorisante. Après une évaluation détaillée, basée sur des questionnaires couvrant l’énergie, l’eau, les transports, l’animalerie ou encore les produits chimiques, le laboratoire a obtenu le label Or avec 67 %, sur une échelle allant de « bronze » à « green » (le plus haut niveau). « Ce n’était pas une question de quantifier nos efforts, mais de les faire reconnaître » souligne Manon. La prochaine évaluation, prévue dans deux ans, pourrait permettre au laboratoire d’atteindre le niveau Platine.
Sensibiliser pour aller plus loin
Au-delà de la certification, Manon Maroquenne insiste sur l’importance de la communication : « Si tous les laboratoires s’y mettent petit à petit, les petites rivières feront un grand fleuve ». Ainsi l’effet cumulatif des initiatives pourrait avoir un impact significatif sur l’empreinte environnementale de la recherche. « On ne peut pas être 100 % « green », mais on peut limiter les pratiques néfastes. Et c’est déjà énorme », affirme Manon.
Engagé dans la démarche Green lab My Green Lab® depuis 2023, le laboratoire B3OA souhaite la pérennisé : une preuve que la science et la responsabilité environnementale peuvent avancer ensemble, sans compromis sur la qualité de la recherche.
Les actions mises en place au B3OA
- Abaisser la température des congélateurs de -80°C à -70°C ;
- Trier régulièrement les stocks pour éviter le surstockage inutile ;
- Éteindre les équipements lorsqu’ils ne sont pas utilisés ;
- Recycler tout ce qui peut l’être ;
- Limiter l’usage de consommables lorsque ce n’est pas indispensable.